Qu’est ce que l’Opals
L’OPALS relève le premier défi de la lutte contre le VIH/sida en Afrique.
Elle est créée en juin 1988 à une époque où l’Organisation Mondiale de la Santé préconise pour le continent africain une politique de lutte contre le VIH/sida exclusivement préventive. Des médecins se rassemblent au sein de l’OPALS pour proposer une stratégie thérapeutique visant à rendre disponible « au sud » les médicaments déjà utilisés au « Nord ».
L’OPALS lance le concept de centre de traitement ambulatoire (CTA), structure de jour intégrée à un hôpital, pour assurer le suivi spécifique des personnes vivant avec le VIH/sida, via des consultations externes : un dépistage volontaire et anonyme, un diagnostic et un traitement des maladies opportunistes, une aide à la renutrition et un soutien psychosocial et juridique. L’OPALS ouvre ainsi les premières structures légères de prise en charge spécifique des personnes vivant avec le VIH en Afrique : CTA de Brazzaville (Congo) en 1994, de Bondoukou (Côte d’Ivoire) et de Rabat (Maroc) en 1998.
Suite à l’arrivée des traitements anti-rétroviraux (ARV) dans les pays occidentaux en 1996, les CTA sont les premières structures à délivrer ces traitements en Afrique (1998).
En 1998, un partenariat entre l’OPALS et la Croix-Rouge française permet de multiplier le nombre de CTA. Douze CTA sont fonctionnels en 2005, dont dix sont situés sur le continent africain. Ce développement permet de donner une forte visibilité à ces structures. Le plaidoyer de tous ceux qui voulaient apporter la preuve que les traitements par ARV sont possibles dans les pays pauvres, que les médecins peuvent assurer la prise en charge des personnes touchées par le VIH lorsqu’ils ont bénéficié d’une formation satisfaisante, que l’observance des patients est bonne lorsqu’ils sont accompagnés sur un plan psychosocial, peut enfin se faire entendre largement.
Fin 2005, l’ensemble des douze CTA prenait en charge près de 30.000 patients, dont environ 7.000 étaient sous ARV.
Un nouveau projet pour relever les défis d’aujourd’hui
L’Afrique reste une priorité.
Aujourd’hui, l’Afrique, particulièrement dans sa région sub-saharienne, est la région du monde la plus touchée par la pandémie du VIH/sida ; elle reste donc notre zone d’intervention prioritaire.
L’Afrique Subsaharienne compte en effet 64% de l’ensemble des personnes infectées, alors qu’elle ne représente que 11% de la population mondiale. En 2005, environ deux millions de personnes sont décédées du VIH. Enfin, moins de 20% des personnes ayant besoin d’une trithérapie antirétrovirale en ont bénéficié.
Si la mise sous ARV en Afrique a connu de remarquables avancées, la prise en charge des personnes touchées par le VIH se heurte aujourd’hui à de nouveaux obstacles.
D’une part les structures de référence sont saturées car elles doivent faire face à l’augmentation constante du nombre de patients sous ARV ; elles reçoivent dans le cadre des politiques de décentralisation de la prise en charge, un nombre croissant de sollicitations des structures périphériques.
D’autre part les formations initiales des médecins responsables de ces structures doivent être continuellement mises à jour pour notamment pouvoir répondre à l’apparition des premières cohortes de patients en échec thérapeutique.
Pour y faire face, la formation continue est impérieuse. L’OPALS se propose de s’appuyer notamment sur la télémédecine pour développer, consolider, faire vivre des projets de partenariats entre des structures de soins françaises et africaines.
Après avoir crée les CTA, centres de références spécialisés dans les grandes villes, l’OPALS veut étendre son activité aux zones plus excentrées, où n’existent pas de structures de prises en charge thérapeutique spécifique.
Dans cette logique, l’association accompagne la décentralisation de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH et habitant à la périphérie des grandes villes, dans des villes de moindre importance et dans des zones rurales en soutenant la mise à niveau de structures de santé régionales.
Répondre aux nouvelles priorités : la diversification des activités médicales
Les modalités opérationnelles de l’OPALS, en s’adaptant à l’évolution constante du contexte, se diversifient. Elles sont directement guidées par les besoins des personnes infectées. Elles s’inscrivent dans un logique de co-développement et de santé publique. Elles s’appuient notamment sur les associations de soutien communautaire.
En Afrique subsaharienne, environ 2,7 millions de personnes ont été infectées par le VIH en 2005, moins de 10 % des personnes concernées connaissent leur statut sérologique, moins de 5% des femmes enceintes VIH+ ont accès aux services de prévention de la transmission de la mère à l’enfant. La prévention doit être renforcée.
Le dépistage et le conseil associé, la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) qui favorisent la contamination par le VIH, l’usage du préservatif masculin et féminin, la prophylaxie après exposition accidentelle, l’usage des microbicides et toute autre méthode dont l’efficacité scientifique aura été démontrée, seront encouragés par l’OPALS. Le développement de ces activités de prévention passe notamment par la sensibilisation de la population générale et des populations vulnérables, c'est-à-dire par une information, une éducation et une communication adaptée à chaque groupe cible.
Les enfants
Les enfants sont, encore, les oubliés des politiques de lutte contre le VIH/sida ; ce volet de la lutte se heurte notamment à l’impossibilité fréquente d’établir un diagnostic avant 18 mois, à la faillite des politiques de prévention des infections opportunistes chez les enfants infectés (apport nutritionnel, vitaminique, cotrimoxazole), à la rareté et au prix élevé des formules ARV pédiatriques actuellement disponibles.
L’OPALS veut développer ses actions pour une meilleure prise en charge médicale, psychosociale et communautaire des enfants vivant avec le VIH-sida.
L’appui nutritionnel constitue un volet essentiel de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH, notamment des enfants. Or, l’insécurité alimentaire et la sous-nutrition sont endémiques dans les pays d’Afrique subsaharienne.
L’OPALS veut intégrer le soutien alimentaire dans les programmes de PTME et, plus généralement, faire de la nutrition une composante systématique de la riposte au VIH/sida.







